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Guide spécial Charte des Thèses
Version 0.1
Ce document est le guide d'accompagnement de la Charte des Thèses. Il
est destiné à tous les doctorants qui veulent savoir ce que la Charte
des Thèses apporte et comment en bénéficier pleinement.
Copyright (c) 2000, Guilde des Doctorants.
Le contenu de ce document peut être redistribué sous les conditions
énoncées dans la Licence pour Documents Libres.
Notices de copyright et historique
Copyright ©2000, Guilde des Doctorants (eds.).
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pour Documents Libres qui est disponible sur le site WEB de la Guilde
des Doctorants :
En particulier, cela signifie que ce document peut
être réutilisé pour l'écriture
d'un Guide par une association de doctorants, sous réserve
de mentionner explicitement la provenance des sections du Guide du Doctorant
réutilisées et de faire apparaître explicitement une référence
au site de la Guilde des Doctorants.
Le présent document contient un certain nombre de sections historiques
qui ne pourront qu'être complétées lors des modifications
qui seront apportées au présent document. Leurs titres sont :
Historique & sources.
Le présent document contient un certain nombre de sections invariantes
qui devront figurer sans modification
dans toutes les modifications qui seront apportées
au document. Leur titres sont listés ici (la liste peut être vide) :
Voici un témoignage que nous avons reçu par courrier électronique au
début 2000 et que nous reproduisons avec l'autorisation de son auteur.
Lisez le bien. Il montre clairement ce que vous risquez avec un directeur
de thèse trop distant et une situation malsaine qui s'éternise :
<< J'ai obtenu une allocation-recherche pour un doctorat en sciences humaines.
Malheureusement, mon
premier directeur de thèse n'a pas du tout été sérieux , ne
répondant pas à mon courrier, lisant à peine ce que je lui
envoyais, et ne venant pas plus à nos rendez-vous. J'ai aujourd'hui
changé de directeur de thése mais le premier m'a fait
perdre un temps fou. Mon second directeur de thèse est
beaucoup plus sérieux, mais le
temps est difficilement rattrapable. Je n'ai plus mon allocation, et
tandis que j'ai donné des conférences internationales
sur ce que j'ai déjà écrit, ici en France, je suis en train de devenir SDF.
Je vous écris donc pour offrir aux doctorants une
leçon : il faut mettre tout de suite au clair avec
l'enseignant la manière dont on va travailler et prévoir une
période où l'on teste sa disponibilité réelle et son
sérieux. >>
Si ce Guide du Doctorant a un objectif, c'est de faire en sorte que ce genre
de situation disparaisse des universités et grandes écoles
françaises. Tous les conseils que nous
avons collecté sont issus de l'expérience vécue de générations
de docteurs qui vous ont précédé.
Utilisez les pour renforcer votre
lucidité, pour prendre en main votre avenir afin que votre
thèse se passe dans les meilleures conditions possible et qu'elle
dépasse vos propres attentes.
L'´EQUIPE DE RÉDACTION DU GUIDE, JUIN 2000
Introduction
Ce Guide est destiné à accompagner le déploiement du dispositif
des Chartes des Thèses. Ce concept est issu du mouvement HotDocs
et des travaux de la Confédération des Etudiants Chercheurs au
milieu des années 1990.
Nous tenons particulièrement à ce que la Charte des Thèses
serve à changer les pratiques de formation doctorale, dans le sens
de plus de professionalisme et d'une meilleure qualité de l'encadrement.
Il est principalement destiné aux doctorants qui sont engagés dans
la préparation d'un doctorat et qui souhaitent bénéficier pleinement
de l'avancée de la Charte des Thèses. Comme nous pensons qu'il n'y
a pas de progrès social ou politique sans participation des
personnes concernées, nous avons voulu montrer comment au travers
de choses simples, chacun peut contribuer à l'impact positif
de la Charte des Thèses. Ainsi, si vous ètes impliqués dans
une association de doctorants, vous trouverez des conseils précieux
pour articuler votre activité autour de la Charte de votre établissement.
Plus généralement, ce guide explique quels sont les droits que la
Charte des Thèses apporte aux doctorants mais aussi quels sont les
devoirs associés. Nous avons également essayé de donner quelques
conseils pour résoudre dans de bonnes conditions les situations
conflictuelles qui parfois se développent.
Enfin, une bonne partie de ce guide se trouve présent dans les
deux premiers tomes du
Guide du Doctorant, intitulés Avant la thèse
et Pendant la thèse. Ce mode de rédaction a introduit
certaines redondances dans le présent document et nous nous
en excusons par avance.
Il nous a néanmoins paru utile d'écrire
ce document séparé, notamment pour aider ceux et celles qui sur le
terrain feront vivre la Charte des Thèses.
Dans une première partie, ce guide présente le dispositif
réglementaire mis en place pour la Charte des Thèses. Puis
les droits et devoirs du doctorant qui proviennent de la
Charte sont discutés. La troisième partie discute des
possibilités d'action associative autour de la Charte ainsi
que des moyens de résoudre les situations conflictuelles dans de
bonnes conditions.
La Charte des Thèses minimale (modèle du ministère) est
reproduite en annexe, ainsi qu'une brève chronologie du mouvement
qui à conduit à ce dispositif.
La Charte des thèses, c'est quoi ?
Le Contrat ou
Charte des Thèses est un concept apparu explicitement dans le rapport
HotDocs au printemps 1995. C'est un "contrat"
qui s'apparente à une convention de stage entre les différents partenaires
d'une thèse (le doctorant, son directeur de
thèse, le directeur du laboratoire d'accueil, le financeur etc).
Il vise principalement à responsabiliser chacun à ses droits
et devoirs. Trop souvent hélas, le doctorant n'est pas pleinement
inséré dans son laboratoire : entre étudiant qui fait le
mêime boulot que les chercheurs et chercheur en plein apprentissage,
ce positionnement est souvent ambigu. Et dans un
certain nombre de cas, le doctorant n'est pas vraiment encadré et
du fait de la dilution des responsabilités, il ne sait
auprès de qui se tourner pour pallier cette carence.
Le Contrat de thèse vise à prévenir ces situations en posant dès
le début de la thèse le projet doctoral et en définissant
les droits et devoirs de chacun. Dans cette logique, vous, doctorant, ètes
un membre de l'unité d'accueil, qui bénéficie des
mêmes facilités que les membres permanents. Réciproquement, vous devrez
participer pleinement à la vie du laboratoire et serez
soumis aux mêmes obligations que les autres membres du laboratoire.
Vous ètes un chercheur non-permanent en formation
(analogue à l'apprenti dans d'autres métiers) qui
est encadré par un chercheur (le directeur de thèse). Cette ``Charte''
vise donc, futur
doctorant, à vous protéger tout en vous responsabilisant.
Les textes réglementaires
Sa mise en place est régie par un arrêté ministériel publié au
Journal Officiel du 11 septembre 1998. Il stipule :
- Une "Charte des thèses" est mise en place dans tous les
établissements d'enseignement supérieur délivrant le doctorat. Elle
sera signée par le doctorant, le directeur de thèse
et les directeurs du laboratoire d'accueil et de l'Ecole Doctorale
lors de la première inscription.
- Conformément au principe d'autonomie des universités,
les établissements doivent définir eux-même leur propre
charte, customisée à partir d'une charte modèle qui énonce
les principes fondamentaux.
- La mise en place et l'action effective de la Charte seront
pris en compte dans l'évaluation des établissements
dans le cadre des contrats quadriennaux. Seront pris en compte
les taux d'encadrement et de financement, la
durée moyenne des thèses, l'impact de la charte et la diffusion de
l'information aux doctorants.
Voici le texte de cet arrêté (NOR : MENR9802320A)
Le ministre de l'éducation nationale,
de la recherche et de la technologie,
Vu la loi no 84-52 du 26 janvier 1984
relative à l'enseignement supérieur ;
Vu l'arrêté du 30 mars 1992 relatif
aux études de troisième cycle ;
Vu l'avis du Conseil national de l'enseignement
supérieur et de la recherche en date du 27 juillet 1998,
Arrête :
Art. 1er. - Chaque établissement public d'enseignement supérieur adopte,
après avis des conseils compétents et consultation de ses
écoles doctorales quand elles existent, une charte des
thèses. Elle est signée
par le doctorant, d'une part, son directeur de thèse et
les responsables des structures d'accueil, d'autre part.
Art. 2. - La charte type figurant en annexe (1) peut
être précisée et complétée par l'établissement dans le
respect des principes qu'elle fixe.
Art. 3. - La mise en place de la charte doit avoir
lieu avant le 31 décembre 1998. L'application de la charte
doit faire l'objet d'un bilan établi par le conseil
scientifique de l'établissement à l'attention du conseil
d'administration. Ce bilan est porté à la connaissance du
ministre chargé de l'enseignement supérieur, après
adoption par le conseil d'administration.
Art. 4. - La charte est intégrée dans le contrat signé
entre le chef d'établissement et le ministre chargé de
l'enseignement supérieur. Son application fait partie de l'
évaluation du contrat des établissements concernés.
Art. 5. - Le directeur de la recherche, les présidents
d'universités et les chefs d'établissements
d'enseignement supérieur et de recherche sont chargés,
chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du
présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la
République française.
Explication du texte réglementaire
Nous donnons dans la suite de cette section quelques commentaires
sur certains articles d'importance :
-- Art. 1 -- La mise en place des
chartes se fait à l'échelle des universités ou des
écoles. Elle doit faire l'objet d'une négociation. Les doctorants sont donc parfaitement
conviés à donner leur avis et à partiper à la
mise en place de la charte.
-- Art. 2 -- Le ministère fournir un
modèle de charte mais celui-ci peut être amplement
modifié, du moment que les principes qu'il énonce
sont renforcés et non pas amoindris.
-- Art. 3 -- Normalement tout devrait
être mis en place avant le 31 décembre 1998. Toute thèse commencée après cette date doit faire
l'objet d'une signature de charte. Si ce n'est pas le
cas, nous vons conseillons d'insister et, si cela ne
suffit pas, d'adresser un courrier écrit au président
de l'université mentionnant que, selon l'article 3 de
l'arrêté du 3 septembre 1998 relatif à la Charte
des Thèses, une charte devrait déjà être mise en
place et signée lors de toute inscription en thèse.
-- Art. 4 -- Cet article dit
explicitement que l'application et l'impact de la charte
des
thèses fait partie des éléments pris en compte dans
l'évaluation des établissements par le ministère et
donc dans la détermination des moyens affectés à
l'établissement.
Une lettre du directeur de la recherche a été
envoyée aux chefs d'établissements autorisés à
délivrer le doctorat. Elle rappelait les éléments
pris en compte dans l'évaluation de l'impact de la
Charte :
- mise en place de la charte
- diffusion de l'information sur les
débouchés
- diffusion de l'information sur les
financements
- proportion de thèses non financées,
durée moyenne
des thèse, nombre de doctorants par directeur de
thèse : proximité du nombre moyen du champ
disciplinaire concerné et évolution positive.
Cette liste donne explicitement la direction choisie par
le ministère : il s'agit de faire en sorte que moins de doctorants ne soient pas financés, que les
doctorants soient mieux encadrés et fassent des
thèses raisonablement longues.
Les droits et devoirs du doctorant
Introduction
Le 3 septembre 1998, le ministre en charge des formations doctorales
Cl. Allègre signait un arrêté imposant la mise en place d'une
Charte des Thèses dans tous les établissements habilités
à délivrer le doctorat. Elle précise les droits et devoirs
des partenaires de la formation doctorale : le doctorant, son directeur
de thèse, le responsable de l'unité d'acceuil et de la formation
doctorale.
La Charte régit donc la relation entre ces partenaires. Nous allons
passer en revue la manière dont ce système à été pensé,
et les grandes lignes de vos droits et devoirs que vous devriez
retrouver dans toutes les Chartes. Ensuite nous avons collecté
quelques conseils pour vous aider à surmonter les situations
difficiles que vous pourriez rencontrer.
Selon l'article 1, la mise en place des
chartes se fait à l'échelle des universités ou des
écoles. Elle doit faire l'objet d'une négociation à laquelle les doctorants peuvent évidemment participer.
A priori, les négociations initiales ont eu lieu dans la plupart
des établissements d'enseignement supérieurs mais la
Charte peut être renégociée tous les 4 ans.
Selon l'article 2, le ministère fournit un
modèle de charte mais celui-ci peut être amplement
modifié, du moment que les principes qu'il énonce
sont renforcés et non pas amoindris.
Le modèle de Charte du ministère
(reproduit en annexe A)
donne explicitement la direction choisie : il s'agit de faire
en sorte que moins de doctorants ne soient pas financés, que les
doctorants soient mieux encadrés et fassent des
thèses raisonablement longues. Enfin, les points d'application qui
sont jugés importants sont :
- mise en place de la charte
- diffusion de l'information sur les
débouchés
- diffusion de l'information sur les
financements
- proportion de thèses non financées,
durée moyenne
des thèse, nombre de doctorants par directeur de
thèse : proximité du nombre moyen du champ
disciplinaire concerné et évolution positive.
Donc en clair, il existe une charte dans votre université d'inscription,
vous devriez l'avoir signé lors de votre inscription en thèse et avoir
reçu une information sur les financements de thèse possibles et
sur les débouché des doctorants de l'université.
Si tout cela est complétement nouveau pour vous, et que vous
ètes inscrit en thèse, c'est que quelque chose ne tourne pas
rond dans votre université.
Pour avoir les informations, vous pouvez consulter le site CdT animé
par la Guilde des Doctorants et la Confédération des Etudiants
Chercheurs. Nous avons collecté les différentes Chartes des
établissements et listé un certain nombre de conseils. Ce site
sert aussi à collecter vos retours sur la question : n'hésitez
pas à nous décrire ce qui se passe chez vous pour que nous puissions
mettre à jour nos informations.
Vos droits selon la Charte
Nous listons ici les principaux droits du dotorant dans la Charte modèle
du ministère. Rappelons que c'est le strict minimum ! Les dispositions
relatives à la médiation sont discutées dans la section consacrée
aux conflits. Les questions relatives au financement et au statut social
font l'objet d'une section à part également.
Vous êtes
pleinement intégré dans le laboratoire d'accueil et vous avez accès
aux mêmes facilités que les chercheurs titulaires : équipements,
moyens, notamment informatiques, documentation, possibilité d'assister aux
séinaires et conférences et de présenter votre travail dans des
réunions scientifiques, qu'elles qu'elles soient (du congrès
des doctorants à la grande conférence internationale).
Concrètement, on ne peut vous interdire l'accès à un téléphone,
à un fax, à un ordinateur, à une imprimante si les autres
membres du laboratoires y ont accès. De même, à partir du moment
où le laboratoire rembourse les missions de ses membres permanents,
il doit également le faire pour les doctorants. Enfin, on doit
vous encourager à présenter votre travail dans des congrès
de la même manière que les permanents.
L'ensemble de ces points constitue déjà une révolution. Dans un
bon nombre d'endroits, cela se passe déjà ainsi mais il y en a
d'autres où la situation est nettement plus féodale : les doctorants
n'ont pas de bureau, doivent payer leurs missions, leurs fournitures, n'ont
pas d'accès au mail. Avec la Charte des Thèses, ces endroits ne sont
plus conformes à la norme en vigueur. Si vous en roncontrez, le mieux
c'est de les éviter et de nous les signaler.
Le sujet de votre thèse est définit avant l'inscription
avec votre futur directeur de thèse. Ce travail préliminaire
fait ensemble doit permettre de dégager les grandes lignes
de la problématique, et surtout son originalité et son
importance.
Il est de la responsabilité du directeur de thèse d'avoir une
maîtrise suffisante du champ de recherche concerné.
Il ne doit pas donc pas vous utiliser pour une exploration trop
hasardeuse. Il est responsable de l'évaluation du caractère
novateur et de l'actualité du sujet.
A ce niveau, il est utile de rappeler une différence de pratique entre
sciences dites exactes et sciences humaines. Comme nous l'avons souligné
dans le tome Avant la thèse de ce Guide, les sujets de sciences
dites exactes sont en général mieux précisé dès le départ.
En sciences humaines, une partie du travail du doctorant consiste à
cerner le sujet à partir d'une problématique générale. Cette
phase initiale peut nécessiter plusieurs mois de travail.
Même s'il est souhaitable selon nous que cet
usage change1, nous
sommes conscient que ce n'est pas immédiat. Si vous faites
une thèse en sciences humaines, votre directeur de thèse doit quand
même suivre avec attention cette phase de décantation initiale pour
qu'elle soit la plus rapide possible. Il doit pouvoir donner un avis critique
sur les orientations que vous donnez à votre sujet.
S'il n'assure pas un
minimum de répondant à ce
niveau là, notre conseil est simple : laissez tomber !
Vous avez droit à un encadrement personnel de la part de votre
directeur de thèse. Il s'engage à vous
consacrer une part significative de son temps.
Il est nécessaire que le principe de rencontres régulières et
fréquentes soit arrêté lors de l'accord initial. Votre
directeur de thèse doit suivre vos progrès et vos difficultés,
discuter des options possibles avec vous et vous faire part de toutes
les remarques utiles, positives ou critiques.
Ce droit est doublé d'un devoir d'information de votre part : plus vous
communiquerez avec votre directeur de thèse, plus il aura
les éléments pour vous aider.
En clair, ces dispositions visent à éviter l'enlisement dont
nous avons déjà parlé et qui constitue un des principaux facteurs
d'échec.
Concrètement, cela doit vous engager á choisir un directeur
de thèse disponible. Nous vous conseillons de ne pas prendre pour directeur
de thèse quelqu'un qui encadre plus de un ou deux doctorants simultanément.
Une étude menée en 1999 par l'Association des Doctorants Scientifiques
Lyonnais (ADSL) sur l'université Claude Bernard, l'INSA de Lyon et
l'Ecole Centrale de Lyon montre une corrélation très nette
entre le nombre de doctorants encadrés et la qualité du suivi.
Plus
il y a de doctorants par directeur de thèse, moins bien ils sont suivis !
Nous vous renvoyons au tome Avant la thèse pour plus d'informations
sur le choix du directeur de thèse.
Vous devez apparaître parmis les auteurs des
articles, communications, ouvrages, brevets et rapports
industriels ou non qui utilisent son
travail de recherche.
En clair, si un chercheur publie sous son nom seul, sans vous mentionner,
votre travail, c'est une clause majeure de rupture de contrat. Notez
que vous pouvez publier comme seul auteur mais bien entendu, il doit
s'agir d'un travail que vous avez développé de manière autonome.
Vous pouvez également développer une collaboration avec d'autres
personnes qui n'incluent pas votre directeur de thèse. Dans ce cas,
en toute logique, il n'apparaitra pas parmis les signataires.
Vos devoirs selon la Charte
Vous avez plusieurs obligations qui sont les suivantes :
Le doctorant s'engage à bosser sérieusement : en clair pas question
de glander. Vous devrez également faire preuve d'initiative,
c'est à dire explorer des voies nouvelles, lancer les
tests nécessaires, demander le matériel dont vous avez besoin. Bref
faire comme n'importe quel chercheur.
Vous avez vis-à-vis de votre directeur de thèse un devoir d'information
quant aux difficultés rencontrées et aux progrès effectués. En clair,
pas question de rester un mois sans donner de nouvelles ou pire, six
mois sans avancer d'un milimètre et sans le dire ! On attend de
vous un comportement de professionnel, qui rend compte de son
activité sur son lieu de travail. Cela peut passer par la rédaction
de notes intermédiaires.
Vous remarquerez que cette obligation a son pendant pour le directeur
de thèse qui s'engage à vous donner un retour sur votre travail, qu'il
soit positif ou négatif.
Vous vous engagez à suivre
des formations complémentaires. Elles sont déterminées par
le doctorant en accord avec son directeur de thèse. Leur validation
est faite par le responsable de la formation doctorale (directeur
d'Ecole Doctorale en pratique).
Vous noterez que la Charte modèle ne décrit pas quelles doivent être
ces formations mais au contraire laisse un cadre extrèmement souple :
ainsi la participation aux doctoriales et un séjour en entreprise de quelques
semaines peuvent être validées comme formations complémentaires. Toute
interprétation stricte du genre ``formation complémentaire = les
cours de l'Ecole Doctorale'' est donc abusive.
Une section entière du tome Pendant la thèse du Guide
du Doctorant est consacrée
aux formations complémentaires.
Si une partie de votre travail de thèse est
soumis à un engagement de condidentialité avec un tiers (par exemple
une entreprise), vous devez évidemment respecter cet engagement.
Les questions de propriété intellectuelle et industrielle
de votre production scientifique ne sont pas réglées par
la Charte. En fait, la législation prévoit déjà un certain nombre
de choses. En dehors de contrats particuliers comportant des clauses
de confidentialité ou de cession de droits, c'est la nature de votre
statut (contrat de travail ou pas, quels type de contrat) qui
détermine ce qui se passe.
Nous avons en préparation
une synthèse sur le sujet qui sera prochainement rendue
publique.
Le financement et le statut social
La volonté du ministère en charge des fomrations doctorales a été
concernant les financements et le statut social d'affirmer l'importance
d'un bon taux de financement pour les doctorants effectuant une
thèse en formation initiale. Dans le modèle ministériel
de Charte, on lit :
L'objectif d'un directeur de thèse ou d'un responsable
d'école doctorale doit
être d'obtenir un financement pour le plus grand nombre de doctorants sans
activité professionnelle.
Néanmoins, la situation á la fin du 20ème siècle était très
hétérogène et nombre de doctorants (de l'ordre de 20 %) préparaient
une thèse sans financement spécifique. Il était donc pratiquement
impossible (en particulier en sciences humaines) de lier inscription
en thèse et financement. La voie choisie consiste donc à encourager
une transition vers un régime où naturellement, l'obtention d'un
financement
sera considéré comme un élément de faisabilité majeur d'une
thèse. Ceci implique évidemment une participation active du
futur doctorant et de son encadrement (directeur
de thèse et responsable de formation doctorale) à la recherche d'un
financement. Comme le souligne la charte modèle du ministère :
Le futur directeur de thèse et le responsable de
l'école informent le candidat des ressources
éventuelles pour la préparation
de sa thèse (allocation ministérielle de recherche,
bourse régionale, bourse
industrielle, bourse associative.
Pour enfoncer le clou, rappelons que ces principes généraux ont été
réaffirmés par la Mission parlementaire Cohen-LeDéault
qui s'est tenue a l'été 1999. La direction choisie a donc
été réaffirmée par la représentation nationale.
Encore faut t'il que les personnes concernées aient
les éléments nécessaires pour faire ce travail de recherche
de financements. Cette section précise quelques éléments de base
sur les financements et donne quelques conseils généraux
sur la nécessité d'anticiper. Le thème des financements
est plus amplement discuté dans le premier tome Avant
la thése de ce Guide.
Si vous ètes en cours de thèse, vous risquez d'être confrontés
au problème de la différence de durée entre les financements
de thèse et la durée de votre propre thèse.
Concrètement, chacun sait que tout titulaire d'une allocation
du ministère doit faire une demande de renouvellement en fin de
seconde année. De même, si votre thèse nécessite un peu
plus de trois ans, comme aucun financement ne couvre une durée de
quatre ans, vous serez amené dans la plupart des
cas2 a utiliser deux financements pour vous couvrir
sur plus de trois ans.
La clef consiste donc à anticiper : n'attendez jamais le dernier
moment pour vous préoccuper des questions de financement. Il
est raisonnable d'anticiper sur environ un an : au début de votre
seconde année de thèse, renseignez vous pour votre troisième
année (renouvellement d'allocation, recherche d'un autre
financement).
Agir sur le terrain
Comme la Charte des Thèses
établit les droits et devoirs respectifs des différents
acteurs de la formation doctorale, elle joue un rôle fondamental. Mais,
comme tout texte délimitant la relations entre différentes parties,
son impact dépend crucialement des personnes concernées.
Il vous incombe donc de faire vivre au quotidien les principes énoncés
dans ce texte, et dans la charte
de votre établissement. En tant que doctorant,
cela demande de vous une participation à la vie du laboratoire. Vous devez
agir en professionnel, même si vous ètes clairement encore en
formation. Le corrollaire est que vous devez faire part des difficultés
que vous rencontrez : c'est toujours difficile, parfois même un peu
angoissant mais il n'y a que comme cela que les choses se débloquent.
Enfin, il est de votre
responsabilité directe de faire vivre ce texte en
participant, dans la mesure de votre disponibilité, à la vie de
l'établissement : comités des thèses, conseils de laboratoire,
conseils scientifiques et d'administration.
Par cette participation, vous pourrez
faire remonter les difficultés comme les points positifs et contribuer à
l'amélioration des conditions de travail des doctorants. L'arrêté du
3 septembre 1998 ne vous protégera que si vous jouez ce jeu
de la participation.
Nous allons maintenant détailler ces différents aspects, en
commencant par la circulation de l'information puis en détaillant
les divers moyen qu'à une association de doctorants
de participer au instances universitaires concernées par la
Charte des Thèses..
Enfin, la Charte des Thèses joue un rôle central dans la résolution
des conflits qui peuvent survenir entre un doctorant et son encadrement.
Mais cet aspect est discuté dans une section spécifique (voir
section 4.3).
Ce qui suit s'adresse plutôt aux doctorants qui s'impliquent dans une
association de doctorants mais pas exclusivement. Un certain nombre
de choses peuvent se faire au niveau de l'individu. Si chacun fait
un petit peu, c'est toujours mieux que si personne ne fait rien ou que
si tout repose sur quelques épaules. La section
4.3 sur la résolution
de conflits est plutôt rédigée du point de vue de la personne
en situation de conflit.
Faire circuler l'information dans les labos
C'est la brique de base. Pour exercer leur droits, encore faut t'il que
les doctorants les connaissent. Normalement, tout doctorant s'inscrivant
en thèse doit signer la Charte des Thèses mais, entre les cas où
ce n'est pas fait et ceux où les gens ne prennent pas le temps de lire
le texte, il n'est pas inutile de faire un peu de communication
autour de ce thème. Voici quelques idées :
Plus généralement,
n'hésitez pas à faire remonter les informations concernant
la Charte des Thèses de votre établissement auprès de la Guilde
et de la CEC (gdd-web@jeunes-chercheurs.org). Cela nous permettra
de maintenir notre serveur à jour et de donner ainsi un panorama global
de la situation des Chartes des Thèses dans toute la France.
Informer les prédoctorants
En fait, c'est dès le DEA ou même avant qu'il faut sensibiliser les
futurs doctorants à la spécificité de la formation doctorale, c'est
à dire à son caractère professionnel. Trop d'étudiants
pensent qu'une thèse est avant tout une prolongation confortable
d'études. Mais vous savez bien que ce n'est pas le cas : la thèse
est un premier boulot à part entière. La Charte des Thèses
est quelque chose de naturel dans cette optique.
Pour éviter les malentendus qui causeront bien des désillusions ensuite,
voici quelques pistes simples :
- Participer aux réunions d'information des DEA : c'est
un point fondamental. Vous pourrez mettre en valeur votre association et
apporter un son de cloche réaliste et proche du terrain sur ce
qu'est la thèse.
- Faire de la pub pour votre association sur le campus :
quelques affiches sur le panneau des second cycles, une participation
à des réunions d'orientation. Ce sont des actions simples
mais qui contribueront déjà à sensibiliser les étudiants
avant le DEA.
- Faire circuler le Guide du Doctorant : le Guide est fait pour
être redistribué. Il peut être complété par une production
de votre association centrée sur des points spécifiques à votre
université3.
Pensez donc à déposer quelques exemplaires à la bibliothèque
universitaire, au SCUIO, au CROUS et dans votre laboratoire. Vous
pouvez le distribuer aux réunions d'informations des DEA. A priori,
pour les prédoctorants, c'est surtout le premier volume Avant
la thèse qui est utile.
Bref à vous d'explorer toutes les possibilités... Bien sûr,
n'heitez pas à signaler notre page spéciale DEA & seconds
cycles :
Elle regrouppe quelques renseignements génériques, c'est à dire
valable dans la plupart des cas et surtout permet de s'aiguiller sur
notre serveur.
Une thèse dure selon les disciplines de trois à cinq ans. Les membres
de toute association de doctorants sont donc par définition volatiles.
D'un autre coté, la Charte des Thèses est conçue pour donner
son plein potentiel dans la durée et aussi pour évoluer.
Il est donc important que vous mainteniez un historique de tout
ce qui gravite autour de la Charte :
- Conservez soigneusement les comptes rendus des réunions auxquelles
vous participez et où on parle de la Charte. Vous pourrez ainsi voir
l'évolution de vos interlocuteurs et transmettre votre expérience à
ceux qui vous succéderont.
- Archivez soigneusement les conflits qui vous sont soumis,
ainsi que les difficultés qui vous sont signalées. Ce point est
indispensable : vous serez parfois amenés à constater que les
problèmes se localisent dans certains points précis (laboratoires
ou même
certains encadrants). En cernant avec précision les problèmes
vous serez plus à même de discuter avec les instances universitaires
pour les résorber.
D'une manière plus globale, cet historique sera intéressant pour
faire une analyse fine de l'évolution des mentalités et
pratiques d'encadrement doctorale à l'échelle nationale. Ca
fera surement un sujet de thèse intéressant mais cela peut
intéresser plus directement la CEC et le ministère en
charge des formations doctorales.
Participer à la vie de l'établissement
La participation à la vie des établissements se fait à trois niveau :
au niveau des laboratoires, des conseils d'université
et enfin des Ecoles Doctorales4.
Nous allons discuter ces trois niveaux successivement.
Résoudre les conflits
Conflits et angoisse
D'abord, il convient de dédramatiser les choses : dans tout univers
professionnel, les conflits sont une chose normale. La pathologie
n'est pas dans l'existence de conflits mais dans l'incapacité à
les résoudre. C'est hélas l'enlisement de situations
difficiles qui cause le plus de dégats.
Il est vrai que le mileu universitaire, du fait de sa structure molle
et de son fonctionnement informel, laisse parfois pourrir nombre
de situations au départ tout à fait anodines.
Mais cet état de fait n'est pas une fatalité et vous pouvez
changer considérablement les choses en sachant qu'il existe plein
de moyens de sortir des situations conflictuelles. La clef consiste
à établir une communication entre vous et la ou les personnes
avec lesquelles vous ètes en conflit. Il peut s'agir d'une
communication directe, ou en présence d'un médiateur.
Les diverses possibilités de médiation sont discutées
dans la section 4.3.2.
Evidemment, si ça tourne au vinaigre vous aurez peur pour votre
avenir : et ma prolongation d'alloc ?, je vais
me faire descendre à la soutenance, je n'aurai
jamais de postes font partie des craintes
de nombreux doctorants en cas de conflit. Tout ceci génère du
stress et nous
vous renvoyons à la section consacrée à la Gestion
de stress du Guide du Doctorant, tome Pendant la thèse.
Ceci étant, dites vous bien une chose : si les personnes qui
vous encadrent n'en ont rien à faire de vous et de votre avenir, de toutes
façon, vous ne perdrez rien à devoir ensuite aller voir ailleurs.
Comme dit le proverbe, il ne faut jamais mettre tous ses oeufs dans
le même panier. Quant à votre avenir et aux promesses de postes
qui soit dit en passant
n'engagent que ceux qui y croient, demandez vous si vous avez
vraiment envie de travailler avec des gens qui vous menacent au
premier désaccord ?
Et si elles sont au contraire
soucieuses de vous et de votre avenir, alors elles seront de
bonne volonté pour résoudre au plus vite les difficultés.
En clair, ne vous laissez pas infantiliser et ne laissez pas
pourrir le conflit.
Evidemment, pour aborder une résolution de conflit dans les meilleures
conditions, il faut un peu de discernement. Savoir à quel type de
personalités vous avez affaire est utile. Nous avons collecté
dans la section cnosacrée à la Gestion de Stress une petite
typologie des personalités difficiles avec quelques conseils pour
savoir comment les prendre.
Conflits et médiations
Le dispositif des Chartes des thèses prévoit la possiiblité de
médiations
L'idée consiste à chercher à résoudre le conflit en faisant appel à
des médiations concentriques. Evidemment, il est souhaitable de ne pas
être seul dans ce processus. Comme nous l'expliquons dans la section
suivante, prenez conseil auprès d'une association de doctorant
dans votre université. Des doctorants ou même de jeunes
chercheurs peuvent aussi être de bon conseil et vous épauler.
La première étape de la médiation
consiste bien sur à discuter au sein du laboratoire.
On parle de médialtion locale. Si le directeur du
laboratoire n'est pas impliqué dans le conflit, il peut faire
office de médiateur. La Charte modèle du ministère prévoit
qu'un médiateur extérieur au laboratoire peut être choisi.
Concrètement, ca consiste à signaler le problème au directeur
du laboratoire et à demander une discussion pour le résoudre.
A priori, une bonne médiation locale (dans un laboratoire au fonctionnement
sain) a toutes les chances d'aboutir. Il est évidemment du devoir moral
du directeur du laboratoire d'avoir plutôt une position
d'écoute et d'arbitre dans la discussion. Son objectif est
d'arriver à ce que les diverses personnes impliquées dans le conflit
puissent travailler dans de bonnes conditions.
Cela passe par une écoute des difficultés, et la proposition
de solutions. Très souvent, le conflit se limite à quelques
malentendus non exprimés sur la manière de travailler, ou
à une angoisse non exprimée devant les difficultés de la
recherche. Il suffit alors de mettre les choses à plat
pour résoudre le conflit. Le directeur de laboratoire peut aussi
recadrer les choses en cas de déficience
de l'encadrement ou du doctorant.
La seconde étape consiste à passer à la sructure juste au dessus :
école doctorale et établissement d'inscription. Cette étape
(que nous appellerons la médiation d'établissement) ne doit
être enclanchée qu'en cas d'échec ou d'impossibilité
d'une médiation locale. Cela peut arriver, étant donné que nombre
de responsables d'unités ne sont pas forcément formés aux
pratiques de résolution de conflit.
La charte modèle du ministère la prévoit sous la
forme suivante :
L'un des autres signataires de cette charte peut demander au
chef d'établissement
la nomination par le conseil scientifique d'un médiateur extérieur
à l'établissement.
Un dernier recours peut enfin être déposé auprès du
chef d'établissement.
A ce niveau, nous vous conseillons de consulter votre charte
d'établissement pour voir les dispositions précises. En effet,
il est possible que des détails changent mais selon toute probabilité,
les personnes à prévenir en premier lieu sont la présidence
d'université et le responsable d'Ecole Doctorale.
Enfin, si la médiation d'établissement ne se déroule pas
dans des conditions satisfaisantes et conduit à des situations
de blocage, ou si tout simplement elle ne se met pas en place, il
convient de signaler ces problèmes au niveau des autorités
de tutelle. En effet, il est du devoir des établissement
d'assurer la mise en place et le bon déroulement du processus
de médiation d'établissement.
Le rôle des associations de doctorants
Dans une situation difficle, il importe de ne pas rester seul face
aux difficultés. Les associations de doctorants ont
un rôle de soutien très important auprès des doctorants
en difficulté. Si vous ètes en difficulté, n'hésitez
surtout pas à aller voir l'association la plus proche. Vous
rencontrerez d'autres personnes qui auront peut être eu
des difficultés similaires et qui pourront vous aider à
y voir clair. Enfin,
une association regroupe des gens d'expérience diverses, dont
un certain nombre qui maîtrisent bien le dispositif des
Chartes des thèses.
Enfin,
dans le processus de médiation qui vous permettra de résoudre les
situations de conflit, l'aide d'une association est précieuse.
Son rôle est de vous conseiller, de vous soutenir psychologiquement
et aussi d'aider à faire l'interface entre vous et les
diverses instances universitaires avec lesquelles vous allez intéragir.
Annexe - La charte des thèses modèle du ministère
Ce modèle de Charte des Thèses accompagne l'arrêté du 3
septembre 1998 qui
impose à tous les établissements habilités
à délivrer le diplôme de doctorat la mise en place
d'une telle charte avant le 31 décembre 1998.
Le présent modève a été publié au Bulletin Officiel
de la République Française du 1 octobre 1998.
La préparation d'une thèse
repose sur l'accord librement conclu entre le doctorant et le directeur
de thèse. Cet accord, porte sur le choix du sujet et sur les
conditions de travail nécessaires à l'avancement de la
recherche. Directeur de thèse et doctorant ont donc des droits
et des devoirs respectifs d'un haut niveau d'exigence.
Cette charte définit ces engagements
réciproques en rappelant la déontologie inspirant les
dispositions réglementaires en vigueur et les pratiques
déjà expérimentées dans le respect de la
diversité des disciplines et des établissements. Son but
est la garantie d'une haute qualité scientifique.
L'établissement s'engage à agir
pour que les principes qu'elle fixe soient respectés lors de la
préparation de thèses en co-tutelle.
Le doctorant, au moment de son inscription,
signe avec le directeur de thèse, celui du laboratoire d'accueil
et celui de l'école doctorale lorsqu'elle existe, le texte de la
présente charte, précisé et complété
par l'établissement, dans le respect des principes
définis ci-dessous, ce qui permet à ce dernier d'affirmer
sa politique propre en matière de formation doctorale.
La préparation d'une thèse doit
s'inscrire dans le cadre d'un projet personnel et professionnel
clairement défini dans ses buts comme dans ses exigences. Elle
implique la clarté des objectifs poursuivis et des moyens mis en
oeuvre pour les atteindre.
Le candidat doit recevoir une information sur
les débouchés académiques et
extra-académiques dans son domaine. Les statistiques nationales
sur le devenir des jeunes docteurs et les informations sur le devenir
professionnel des docteurs formés dans son laboratoire d'accueil
lui sont communiqués par l'école doctorale lorsqu'elle
existe, son directeur de thèse et les services de la
scolarité de son établissement d'inscription. L'insertion
professionnelle souhaitée par le doctorant doit être
précisée le plus tôossible. Afin de permettre
que l'information sur les débouchés soit fournie aux
futurs doctorants du laboratoire, tout docteur doit informer son
directeur de thèse, ainsi que le responsable de l'école
doctorale, lorsqu'elle existe, ou de la formation doctorale, de son
avenir professionnel pendant une période de quatre ans
après l'obtent
L'objectif d'un directeur de thèse ou d'un responsable d'école doctorale doit
être d'obtenir un financement pour le plus grand nombre de doctorants sans
activité professionnelle. Le futur directeur de thèse et le responsable de
l'école informent le candidat des ressources éventuelles pour la préparation
de sa thèse (allocation ministérielle de recherche, bourse régionale, bourse
industrielle, bourse associative.
Les moyens à mettre en oeuvre pour faciliter l'insertion professionnelle reposent aussi
sur la clarté des engagements du doctorant. S'il est inscrit dans une école doctorale,
le doctorant doit se conformer à son règlement et notamment suivre les enseignements,
conférences et séminaires. Afin d'élargir son champ de compétence scientifique,
des formations complémentaires lui seront suggérées par son directeur de thèse.
Ces formations, qui font l'objet d'une attestation du directeur de l'école doctorale,
élargissent son horizon disciplinaire et facilitent sa future insertion professionnelle.
Parallèlement, il incombe au doctorant, en s'appuyant sur l'école doctorale lorsqu'elle
existe et sur l'établissement, de se préoccuper de cette insertion en prenant contact
avec d'éventuels futurs employeurs (laboratoires, universités, entreprises, en France
ou à l'étranger). Cette stratégie pourra inclure la participation aux journées
doctoriales. Selon les disciplines et les laboratoires, cet éventail de formations
complémentaires peut utilement inclure un séjour en entreprise de quelques semaines.
L'inscription en thèse précise le sujet et l'unité d'accueil.
Le sujet de thèse conduit à la réalisation
d'un travail à la fois original et formateur, dont la faisabilité
s'inscrit dans le délai prévu. Le choix du sujet de thèse repose
sur l'accord entre le doctorant et le directeur de thèse, formalisé
au moment de l'inscription. Le directeur de thèse, sollicité en raison
d'une maîtrise reconnue du champ de recherche concerné, doit
aider le doctorant à dégager le caractère novateur dans le
contexte scientifique et s'assurer de son actualité ; il doit
également s'assurer que le doctorant fait preuve d'esprit d'innovation.
Le directeur de thèse doit définir et rassembler
les moyens à mettre en oeuvre pour permettre la réalisation du travail.
A cet effet, le doctorant est pleinement intégré dans son unité ou
laboratoire d'accueil, où il a accès aux mêmes facilités que
les chercheurs titulaires pour accomplir son travail de recherche (équipements,
moyens, notamment informatiques, documentation, possibilité d'assister
aux séminaires et conférences et de présenter son travail dans
des réunions scientifiques, qu'il s'agisse de congrès des doctorants
ou de réunions plus larges). Enfin, pour leur part, les membres de
l'équipe qui accueillent le doctorant, doivent exiger de ce dernier
le respect d'un certain nombre de règles relatives à la vie
collective qu'eux mêmes partagent et à la déontologie
scientifique. Le doctorant ne saurait pallier les insuffisances
de l'encadrement technique du laboratoire et se voir confier des
tâches extérieures à l'avancement de sa thèse.
Le doctorant, quant à lui, s'engage sur un temps et un rythme de travail.
Il a vis-à-vis de son directeur de thèse un devoir d'information
quant aux difficultés rencontrées et à l'avancement de sa thèse.
Il doit faire preuve d'initiative dans la conduite de sa recherche.
Le futur doctorant doit être informé du nombre
de thèses en cours qui sont dirigées par le directeur qu'il pressent.
En effet, un directeur de thèse ne peut encadrer efficacement, en parallèle,
qu'un nombre très limité de doctorants, s'il veut pouvoir suivre leur
travail avec toute l'attention nécessaire. Le doctorant a droit à un
encadrement personnel de la part de son directeur de thèse, qui s'engage
à lui consacrer une part significative de son temps. Il est nécessaire
que le principe de rencontres régulières et fréquentes soit arrêté
lors de l'accord initial.
Le doctorant s'engage à remettre à son directeur
autant de notes d'étape qu'en requiert son sujet et à présenter ses
travaux dans les séminaires du laboratoire. Le directeur de thèse
s'engage à suivre régulièrement la progression du travail et à
débattre des orientations nouvelles qu'il pourrait prendre au vu des
résultats déjà acquis. Il a le devoir d'informer le doctorant des
appréciations positives ou des objections et des critiques que son travail
pourrait susciter, notamment lors de la soutenance.
Le directeur de thèse, en accord avec le doctorant,
propose, en concertation avec le doctorant, au chef d'établissement par
l'intermédiaire du responsable de l'école ou de la formation doctorale,
la composition du jury de soutenance dans le respect des règles propres à
l'établissement, ainsi que la date de soutenance. Ces jurys doivent comporter
au moins un tiers de personnes extérieures à l'établissement, et il est
souhaitable qu'ils ne dépassent pas six membres au total. Ceux-ci sont choisis
selon leur compétence scientifique ; leurs membres chercheurs ou
enseignants-chercheurs ne doivent pas avoir pris une part active à la recherche
du candidat, en dehors du (des) directeur (s) de thèse.
Une thèse est une étape dans un processus de recherche.
Celle-ci doit respecter les échéances prévues, conformément
à l'esprit des études doctorales et à l'intérêt du doctorant.
La durée de référence de préparation d'une thèse
est de trois ans. A la fin de la seconde année, l'échéance prévisible
de soutenance devra être débattue, au vu de l'avancement du travail de
recherche. Des prolongations peuvent être accordées, à titre dérogatoire
sur demande motivée du doctorant, après avis du directeur de thèse.
Cet accord ne signifie pas poursuite automatique du financement dont aurait
bénéficié le doctorant. La possibilité d'aides peut être explorée,
notamment pour les doctorants rencontrant des difficultés sociales. Les
prolongations doivent conserver un caractère exceptionnel. Elles sont
proposées au chef d'établissement sur avis du directeur de l'école
doctorale, lorsqu'elle existe, après un entretien entre le doctorant
et le directeur de thèse. Elles interviennent dans des situations
particulières ; notamment, travail salarié, enseignement à temps
plein, spécificité de la recherche inhérente à certaines disciplines,
prise de risque particulier. Elles ne sauraient en aucun cas modifier
substantiellement la nature et l'intensité du travail de recherche
tel qu'ils ont été définis initialement d'un commun accord.
Dans tous les cas, la préparation de la thèse implique un renouvellement
annuel de l'inscription du doctorant dans son établissement.
Pour se conformer à la durée prévue, le doctorant et le directeur de thèse
doivent respecter leurs engagements relatifs au temps de travail nécessaire. Les
manquements répétés à ces engagements font l'objet entre le doctorant et
le directeur de thèse d'un constat commun qui conduit à une procédure de médiation.
La qualité et l'impact de la thèse peuvent se mesurer
à travers les publications ou les brevets et rapports industriels qui seront tirés
du travail, qu'il s'agisse de la thèse elle-même ou d'articles réalisés
pendant ou après la préparation du manuscrit. Le doctorant doit apparaître
parmi les coauteurs.
En cas de conflit persistant entre le doctorant et le
directeur de thèse ou celui du laboratoire, il peut être fait appel par chacun
des signataires de cette charte à un médiateur qui, sans dessaisir quiconque de
ses responsabilités, écoute les parties, propose une solution et la fait
accepter par tous en vue de l'achèvement de la thèse. La mission du médiateur
implique son impartialité ; il peut être choisi parmi les membres du comité
de direction de l'équipe d'accueil ou de l'école doctorale lorsqu'elle existe,
et en-dehors de l'établissement.
En cas d'échec de la médiation locale, le doctorant ou l'un
des autres signataires de cette charte peut demander au chef d'établissement la nomination
par le conseil scientifique d'un médiateur extérieur à l'établissement.
Un dernier recours peut enfin être déposé auprès du chef d'établissement.
Pour les thèses en cours, les dispositions en matière de soutenance de thèse,
de publication et de procédures de médiation peuvent s'appliquer dés la
rentrée 1998-1999.
Annexe - L'histoire du CdT: du cyberespace au Journal Officiel
Le Contrat de Thèse est un concept apparu explicitement dans le
rapport HotDocs au printemps 1995. C'est un "contrat" qui s'apparente
à une convention de stage entre les différents partenaires
d'une thèse (le doctorant, son directeur de thèse, le directeur
du laboratoire d'accueil, le financeur, etc...). Il vise principalement à
responsabiliser chacun à ses droits et devoirs. Trop souvent
hélas, le doctorant n'est pas pleinement inséré dans
son laboratoire : entre étudiant qui fait le même boulot
que les chercheurs et chercheur en plein apprentissage, ce positionnement
est souvent ambigu. Et dans un certain nombre de cas, le doctorant n'est
pas vraiment encadré et du fait de la dilution des responsabilités,
il ne sait auprès de qui se tourner pour pallier cette carence.
Le Contrat de thèse vise à prévenir ces situations
en posant dès le début de la thèse le projet doctoral
et en définissant les droits et devoirs de chacun.
Dans cette logique, le doctorant devient un membre de l'unité d'accueil
et bénéficie des mêmes facilités que les membres
permaments. Réciproquement, il participe pleinement à la vie
du laboratoire et est soumis aux mêmes obligations que les autres membres.
C'est un chercheur non-permanent en formation (analogue à
l'apprenti dans d'autres métiers) qui est encadré par un chercheur
(le directeur de thèse). Celui-ci doit lui consacrer une part
significative de son temps et doit lui faire part de toutes remarques utiles
pour l'avancement de son travail.
Le Contrat de Thèse pose aussi comme principe qu'une formation
doctorale ne se réduit pas à un simple travail de
recherche : le doctorant doit suivre des formations
complémentaires. Elles sont destinées à
l'approfondissement dans sa spécialité mais aussi à
l'acquisition de compétences et à la préparation de
l'insertion professionnelle post-thèse.
Le Contrat de Thèse vise donc à placer la relations
doctorant/directeur de thèse dans une optique résolument
professionnelle et non dans une relation "maître/disciple" qui n'est
plus adaptée aux réalités de la recherche et des
perspectives d'emploi post-doctorales.
Depuis l'émergence du concept dans le rapport HotDocs, l'idée
a fait son chermin : d'une part plusieurs associations de doctorants
ont obtenu la mise en place de "Chartes" ou "Contrats" de thèse
spécifiques à un établissement. D'autre part, plusieurs
rédacteurs du rapport HotDocs, regroupés au sein du groupe
Action-HotDocs, ont finalisé la proposition de Contrat de Thèse
en proposant un modèle de contrat idéal. C'est la
version AHD/CEC, que les intimes appelent
le "CdT AHD/CEC".
Cette proposition a été transmise par la Confédération
des Etudiants-Chercheurs (CEC) au ministre F. Bayrou lors des Etats
Généraux de l'Université au printemps 1996 et elle
a été reçue favorablement.
Depuis cette époque, le ministère en charge de la Recherche
a commencé un travail de discussion/négociation avec la
Confédération des Etudiants-Chercheurs. Ces discussions,
entamées sous F. Bayrou se sont continuées et amplifiées
sous Cl. Allègre par des tables rondes de
l'automne 1997.
Rapidement, le principe de la mise en place d'une "Charte" des thèses
a été accepté et les discussions ont porté sur
le contenu d'une telle charte et les moyens de sa mise en place.
On peut dire que ce fut une longue bataille qui se déroula lors des
tables rondes organisées par le ministère Allègre à
l'automne 1997, et dont les dernières péripéties viennent
de se dérouler au Conseil National de l'Enseignement Supérieur
et de la Recherche5 (CNESER). La Confédération des
Etudiants-Chercheurs a été invitée à la phase
finale des discussions sur le projet de "Charte des thèses" issu des
tables rondes de l'automne 1997. Des représentants de la CEC ont donc
participé aux réunions des 6 et 27 juillet 1998. Finalement,
le 27 juillet 1998, le CNESER s'est prononcé pour les mesures
suivantes :
- Une "Charte des thèses" sera mise en place dans
tous les établissements d'enseignement supérieur,
et elle sera signée par le doctorant, le directeur de thèse
et les directeurs du laboratoire d'accueil et de l'Ecole Doctorale lors de
la première inscription.
- Sa mise en place est imposée par arrêté
ministériel. Conformément au principe d'autonomie
des universités, les établissements doivent définir
eux-même leur propre charte, customisée à partir d'une
charte modèle qui énonce les principes fondamentaux. Cette
méthode reprend celle utilisée pour les conventions de stages
des Diplômes Universitaires de Technologie.
- La mise en place et l'action effective de la Charte
seront pris en compte dans l'évaluation des
établissements dans le cadre des contrats quadriennaux.
Seront pris en compte les taux d'encadrement et de financement, la durée
moyenne des thèses, l'impact de la charte et la diffusion de l'information
aux doctorants.
Enfin, l'arrêté ministériel est sorti le 3 septembre
1998, et le modèle MENRT au Bulletin Officiel du 1er octobre
1998.
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Computer Based Learning Unit, University of Leeds.
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The translation was initiated by Pascal Degiovanni on 2000-09-30
Pascal Degiovanni
2000-09-30
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