Cette enquête, réalisée via un formulaire sur Internet entre le 6 février et le 25 mars 2001, avait pour but de voir quelles étaient les attentes des doctorants en matière de formations inter-disciplinaires, et plus particulièrement en matière de formations professionalisantes.
Nous n'avons pas encore dépouillé les résultats concernant les préférences sur le déroulement des formations (conférence, cours, petits groupes, ....).
Nous avons reçu 176 réponses, réparties comme suit
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SPI = Sciences pour l'Ingénieur
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Les questions étaient de 4 types : quelques questions sur les Ecoles Doctorales, puis des questions sur les formations en rapport avec la connaissance de l'entreprise, les formations en rapport avec l'emploi, l'après-thèse, et enfin les formations diverses.
Nous présentons tout d'abord les résultats généraux, et les résultats par Ecoles doctorales, pour celles qui ont un nombre de réponses suffisants, c'est à dire SPI, Vie et Santé et Physique et Chimie-Physique, et enfin par niveau, pour les niveaux ayant là-encore un nombre de réponses suffisants : 1ère, 2ème et 3ème année de thèse.
On notera que les réponses "nsp" (ne sait pas) englobent les personne ayant choisi l'option "Sans Opinion" dans le questionnaire ou n'ayant pas répondu à la question.
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Légendefonct-ed = Je connais les modalités de fonctionnement de mon Ecole Doctoraleens-ED = Je suis au courant de certaines formations proposées par mon Ecole Doctorale formsuiv-ED = J'ai déjà suivi une formation (obligatoire ou non) proposés par mon Ecole Doctorale formsuiveval-EDJe trouve les formations ou cours suivis :
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Globalement, les doctorants connaissent mal les modalités de fonctionnement de leur École Doctorale, et particulièrement en Vie et Santé, puisque plus de la moitié ne sont pas au courant. Ceci n'empêche pas de nombreux doctorants d'être au courant des formations proposées, ce qui semble contradictoire. Beaucoup ne suivent pas les formations. Néanmoins, le chiffre de 40% de répondants en Vie et Santé qui ont assisté à une formation peut sembler étrange, car il représente un nombre trop important de doctorants par rapport aux formations qui ont été proposées. Soit les répondants ne sont pas représentatifs des doctorants de l'ED, soit ce nombre est réaliste si on inclut la journée de l'Ecole Doctorale qui a eu lieu en 1999. Le peu de participation aux formations est peut-être corrélé avec la non-connaissance du fonctionnement de l'ED : pas de carotte ni de bâton pour faire venir les doctorants aux formations. Le bon point est que les doctorants qui ont assisté à des formations en sont plutôt contents.
On peut aussi s'étonner qu'il y ait plus de doctorants qui ont assisté à une formation que de doctorants qui sont au courant des formations en SPI. Enfin, que se soit pour SPI ou Physique et Chimie-Physique, les doctorants ont du mal à évaluer globalement les formations, par manque de recul (pas assez de formations suivies) pour porter un jugement global.
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Légendeconn-entr = Connaissance de
l'entreprise OK ! = je m'inscris sur le champ |
Il n'y a pas de grosses différences entre les souhaits des doctorants des différentes disciplines, si ce n'est que les formations liées à l'entreprise semblent plus intéresser les doctorants de SPI et moins ceux de Physique et Chimie-Physique. La liaison "naturelle" du secteur SPI avec l'industrie peut sans doute expliquer ces disparités.
La formation qui intéresse le plus les doctorants est celle sur le gestion de projet : cet engouement peut s'expliquer par le fait que c'est un enseignement qui peut être utile dès la thèse et même en-dehors de l'entreprise, donc susceptible d'attirer des doctorants qui visent une carrière académique. En second lieu, on trouve les formations sur la connaissance de l'entreprise et les visites d'entreprise, qui ont le même objectif : faire connaître le milieu de l'entreprise. Les autres formations, plus pointues, sont moins demandées, mais il faut relier ceci au fait que la "forte" demande en connaissance de l'entreprise traduit une mauvaise connaissance de ce milieu et des fonctions qui y sont associées. Avant d'essayer d'en savoir plus sur la gestion industrielle, on préfère sans doute connaître l'entreprise globalement, ce qui paraît logique.
On notera plus particulièrement les "mauvais scores" des formations en marketing et gestion / finance / comptabilité, c'est-à-dire ce qui touche au côté "rentabilité" de l'entreprise. Est-ce parce que c'est une notion étrangère à la recherche, voir même opposée ?
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Légendebilan-projet = Bilan de compétences / Projet
professionnel OK ! = je m'inscris sur le champ |
Il y a une forte demande pour ce type de formation, chaque formation recueillant aux alentours de 80% d'opinion favorable. Plus de 40% des personnes se disent prêtes à s'inscrire à une formation sur la préparation aux concours pour entrer dans le secteur académique. Ce chiffre élévé traduit le fait que les doctorants envisagent majoritairement une poursuite de carrière dans le secteur académique.
Bizarrement, la préparation à l'entretien intéresse plus que celles sur la CV ou lettre de motivation, peut-être parce que l'entretien a un côté plus "effrayant" ou moins maîtrisé. En premier choix ("je m'inscris sur le champ"), le bilan de compétence / projet professionnel est peu choisi, alors qu'il y a un fort intérêt global et que c'est la base de la réflexion sur l'après-thèse. Peut-être y a-t-il eu une réponse utilitariste à cette série de question : quitte à suivre une formation, on préfère quelque chose qui sert directement, donc entretien, plutôt que bilan de compétences.
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légendespi-brevet = Propriété intellectuelle / Brevet OK ! = je m'inscris sur le champ |
Les formations les plus plébiscitées sont celles qui tournent autour de la communication : langues, savoir parler en public, communication scientifique, toutes choses très utiles au cours de la thèse ou après ; on comprend donc que ces formations suscitent l'intérêt. Le fort plébiscite des langues en SPI serait à mettre en relation avec le fait qu'une telle formation a été proposée aux doctorants. Si des doctorants ont été refusés (le nombre d'inscrits était limité), ont peut penser qu'il y a un intérêt bien réel. Sinon, il faut s'interroger sur la sincérité des réponses à un questionnaire qui, finalement, n'engage à rien ; ou sur la représentativité d'un échantillon de 40 réponses, le fait même de répondre indiquant un intérêt pour la question. De façon plus générale, la demande sur les langues est le reflet de la consciences des doctorants de leur importance (du moins de l'anglais, comme on peut le supposer) et aussi des lacunes en la matière lorsqu'on se compare à d'autres pays.
Ensuite on trouve ce qui concerne la propriété intellectuelle et les brevets, puis le multimédia (effet de mode ?). Les formations uniquement techniques suscitent peu d'intérêt, mais on peut remarquer des différences entre le secteur SPI (pas intéressé du tout) et celui Vie et Santé (plus intéressé que les autres). Le poster est un mode de communication très répandu dans le second secteur alors qu'il paraît moins utilisé dans le premier. D'autre part, les doctorants SPI sont, par leur formation, censés être plus au fait des outils techniques et ressentent sans doute moins le besoin de formation dans ces domaines.
L'éthique a peu les faveurs des doctorants, sauf en Vie et Santé, ce qui se comprend aisément au vu ne serait-ce que de l'actualité qui met ces questions sur le devant de la scène.
lusion.Nous présentons maintenant les réponses par année de thèse.
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Légendeconn-entr : Connaissance de
l'entreprise OK ! = je m'inscris sur le champ |
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Légendebilan-projet : Bilan de compétences / Projet
professionnel OK ! = je m'inscris sur le champ |
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Légendepi-brevet : Propriété intellectuelle / Brevet OK ! = je m'inscris sur le champ |
Il y a finalement assez peu de différences, si ce n'est qu'on constate un plus grand désintérêt pour les formations de la part des doctorants en troisième année : moins de temps pour les suivre, donc désintérêt ? La préparation aux concours est moins appréciée en troisième année, par comparaison aux autres formations sur l'après-thèse, alors que c'est l'année la plus proche des dits concours. Est-ce parce que certains doctorants ont changé leur projet professionnel ? Ou parce qu'après trois ans de thèse, ils connaissent mieux le système ? On remarque aussi une bien moins forte demande en ce qui concerne l'apprentisage de certains logiciels, explicable par le fait qu'arrivé en troisème année, on a appris à utiliser ces logiciels sur le tas.
Une zone dans le questionnaire était réservée pour les commentaires libres. 28 personnes ont utilisé cette possibilité.
Nous remercions tous les gens qui nous ont félicité. Rappelons que ce questionnaire a été mis en place par l'ADDAl pour voir quelles sont les formations interdisciplinaires susceptibles d'intéresser les doctorants afin d'aider les Ecoles Doctorales à définir les formations à développer.
Quelques réponses demandent des cours ou des conférences sur des domaines proches de leur domaine de recherche. Le questionnaire avait pour but de parler des formations en-dehors, justement, du domaine de recherche. Les formations disciplinaires sont du ressort de chaque Ecole Doctorale et la plupart offre la possibilité de suivre les cours des DEA affiliés.
Plusieurs messages remarquent ensuite l'absence de questions à propos de formations sur le système universitaires et le fonctionnement de la recherche en France, ou à l'étranger (Europe entre autres), ou encore à propos de formations pédagogiques. C'est vrai, nous aurions pu y penser lors de la rédaction du questionnaire. C'est d'autant plus dommage que le fort intérêt pour les formations à la candidature dans le secteur académique traduit peut-être aussi un manque d'information plus global dans ses secteurs. Notons que des conférences sur ces sujets sont proposées par les CIES aux moniteurs, et que certaines conférences du collège doctoral européen touchent aussi à des sujets proches.
On note aussi une demande pour des formations diplômantes ou proposant des certifications : expérimentation animale, radiocompétence, analyse de la valeur sont citées.
Enfin, de nombreux doctorants évoquent des formations précises qu'ils aimeraient voir mises en place. Il peut s'agir de formations destinées à palier un manque de connaissance dû au cursus précédant une thèse à cheval sur plusieurs domaines, par exemple, ou de réactualiser des connaissances, ou de d'apprendre à se servir d'outils précis, etc. Des formations adaptées sont souvent déjà existantes, en tant que modules de DESS ou DEA ou peut-être maîtrise, ou encore mises place par le CURRI ou l'URFIST (Unix, recherche dans les base de données par exemple). De la souplesse dans le fonctionnement des Ecoles Doctorales, avec la possibilité de choisir des formations hors de celles proposés si c'est pertinent permettrait bien souvent de remédier au problème. Il faudrait néanmoins que ces formations soient connues des doctorants.
Parmi d'autres formations évoquées : secourisme, Latex (comme alternative à Word, demandé par certaines revues), langages de programmation, réseaux, ...
Le manque de connaissance sur le fonctionnement des Ecoles Doctorales et les les formations proposées est problématique. Les difficultés à définir un programme pour une structure qui débute, ainsi que les problèmes de communication avec des doctorants souvent dispersés sur plusieurs campus sont parfaitement compréhensibles, ce d'autant plus que les écoles dcotorales n'ont pas le support administratif d'une UFR. Néanmoins, c'est un point sur lequel il faudrait se pencher si on veut avoir un fonctionnement correct des écoles doctorales.
Concernant les formations, celles utiles à la recherche sont privilégiées. Ceci indique clairement que la voix envisagée par de nombreux doctorants pour leur futur est celle de la recherche académique, alors que pour l'instant seuls 40% d'entre eux pourront accéder à un poste dans la recherche publique. Pourtant, la forte demande en formation sur la recherche d'emploi indique un intérêt réel pour les questions d'avenir.
Il y a très certainement une forte méconnaissance de la place qu'un doctorant peut occuper en-dehors du secteur académique. Les formations touchant directement à l'entreprise les plus demandées sont celles sur la connaissance et les visites ce qui indique bien ce manque de sensibilisation.
Il semble donc que les formations spécifiques les plus urgentes à mettre en place concernent : la connaisance de l'entreprise (cours, visites, place du docteur), la recherche d'emploi (candidater, projet professionnel), communication (savoir parler en public, langues). On peut noter que des formations demandées comme la préparation à l'entretien, le CV, les brevets, ... existent déjà, il faudrait les faire connaître, d'où l'importance du premier point sur les moyens de communicatoin à mettre en oeuvre.
ADDAl - 2001
Association des doctorants et Docteurs d'Alsace
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